Guide pratique de la franchise : Envisager la relation à long terme

Table des matières

Combien de temps dure une relation de franchise ?

La franchise est un véritable partenariat, qui ne fonctionnera que si l’état d’esprit win-win est présent dans le tête de chacune des parties en permanence.

La réussite du projet sera idéalement très rapide mais le degré de succès s’envisage sur le long terme. De plus, le franchisé devra faire des investissements pour son lancement ans l’aventure et il faudra donc lui laisser le temps de les amortir.

La durée moyenne des contrats de franchise est donc souvent plus importante que les partenariats commerciaux classiques.

Selon notre expérience, les durées suivantes se rencontrent dans la pratique:

  • Courte durée: moins de 5 ans.
  • Durée moyenne: entre 5 et 10 ans.
  • Longue durée:  plus de 10 ans.

Que faut-il faire en pratique pour aider concrètement son franchisé pendant la franchise ?

Evolution du concept et formation

Le franchiseur doit faire évoluer son concept afin de l’adapter à l’évolution de la société et de la clientèle.

Attention cependant, il faut être attentif à ne pas dénaturer ou défigurer totalement le commerce, sinon le franchisé pourra s’en plaindre (des décisions de justice ont déjà été rendues, condamnant des franchiseurs ayant été un peu trop loin dans la redéfinition du concept.

Les nouveautés inventées et adoptées doivent être communiquées à tous les franchisés. Il faut idéalement organiser des formations pour permettre à tous les franchisés indépendants de sa familiariser avec ces évolutions 

Assistance dans la gestion du point de vente

Le franchisé est bien entendu un indépendant, mais le franchiseur ne peut ignorer la manière de fonctionner de son franchisé. Il doit garder un oeil attentif sur la rentabilité du commerce du franchisé. A sa demande, il doit également pouvoir le conseiller, éventuellement le diriger, lorsques des questions comptables, juridiques se posent, de même que pour la gestion du personnel.

L’expérience du franchiseur est précieuse et il doit, dans une certaine mesure, en faire profiter ses partenaires

Travail commun de marketing et de communication

Tout le monde a intérêt à travailler dans le même sens au sein du réseau.

Le franchiseur va donc initier, plus ou moins régulièrement, des plans marketing et de communication de l’enseigne.

Il sera évidemment important que tous les franchisés jouent le jeu en contribuant à véhiculer ces messages stratégiques.

Ce travail relève certainement du bon sens lorsque l’on créé un réseau commun.

Le franchiseur, à le tête de son réseau, doit y être attentif et se rappeler à ce devoir d’assistance. Ce devoir est d’ailleurs une obligation puisque sa responsabilité pourrait être engagée en justice par des franchisés s’il se reposait sur ses lauriers !

Un message est donc à retenir: il ne faut pas vivre sur le bénéfice d’un concept qui a marché à un certain moment. Faire évoluer son enseigne et aider ses partenaires en permanence permettra non seulement de se protéger mais de consolider un succès rencontré.

Comment se déroule la fin du contrat ?

Plusieurs cas de figures sont possibles. Cela dépend avant tout de ce qui a été prévu dans le texte du contrat, et des intentions du franchiseur et du franchisé au moment de l’échéance qui a été fixée.

La situation la plus raisonnable

Le contrat arrive à son terme et aucune prolongation automatique n’a été convenue.

Le franchiseur et le franchisé peuvent dès lors faire le point sur la réussite de leur collaboration, y réfléchir de manière sereine et discuter du renouvellement éventuel de leur contrat et des conditions (similaires ou différentes) à y appliquer.

La situation à éviter:

On rencontre souvent dans la pratique des contrats prévoyant une reconduction automatique dans le cas où ni le franchiseur ni le franchisé ne fait parvenir à l’autre un courrier dans un certain délai avant l’échéance (ex: 6 mois ou un an).

Le risque est alors important que les parties, ou l’un d’elle, oublient ce délai convenu dans un contrat signé des années auparavant. 

La conséquence est que les parties seront à nouveau liées pour une durée importante, alors que ce n’était pas forcément leur intention commune.

Il faut donc être sérieusement attentif aux modalités des contrats que l’on signe, notamment sur la durée et les renouvellement possibles.

Le pari risqué:

Une formule existante paraît rassurante : conclure un contrat à durée indéterminée, sans échéance particulière, ni délai contraignant pour accepter ou éviter un renouvellement.

Un tel système donne une apparence de partenariat de longue durée, mais constitue en réalité un risque pour chaque partie: chacun pourra y mettre fin à tout moment, moyennant un délai de préavis d’un délai à déterminer (dont la durée variable constitue un motif de litige supplémentaire). 

Personne ne sera donc à l’abri d’une décision de rupture unilatérale, éventuellement à un moment inattendu ou inopportun pour l’autre partie.

Si les parties veulent se lancer dans une telle configuration à durée indéterminée, il est alors conseillé alors de prévoir dans le contrat des périodes et des conditions pour permettre à chaque partie d’y mettre un terme.

En d’autres termes, baliser l’imprévu dès la rédaction du contrat, ce qui est d’ailleurs souvent une sage précaution générale dans le monde économique.

Conseils pratiques:

  1. Il faut déjà penser à la deuxième phase (soit le renouvellement possible du contrat) avant même d’entamer la première !

Cela peut paraître surprenant au moment de conclure son engagement initial, mais ça évitera de mauvaises surprises quelques années plus tard

  1. Dans la mesure du possible, il est utile de ne pas s’enfermer dans un cadre fixe, prolongeable tel quel.

Si on décide que la relation est un succès et qu’on souhaite la prolonger, il y aura au moment de cette décision des points stratégiques ou pratiques à adapter après plusieurs années, pour les deux parties, et il est important d’avoir la possibilité de les régler.

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